et de ses autres membres.
Paul Hervieu – Chef du service « Action » et responsable du recrutement, alias « Myosotis »
Roger Marie – Chef du service « Renseignement » alias « Persil »
Le réseau OCM Centurie de Périers
Si la libération de la France est, pour l’essentiel, due à l’action des forces armées alliées, partout sur le territoire français elle a été facilitée grâce à l’aide apportée par la résistance. Si les dynamitages de ponts, de routes et de voies ferrées en sont la facette spectaculaire, elle s’est traduite le plus souvent par des actions plus simples mais surtout par un énorme travail collectif de renseignement.
Toutes ces actions menées avant le débarquement avaient d’abord pour but de concourir à sa réussite, toutes celles menées dans les jours le précédant ou dans les jours et les semaines qui l’ont suivi devant permettre de ralentir la venue des renforts allemands vers le front de Normandie et de faciliter l’établissement de la tête de pont puis la progression des alliés. Mais à beaucoup d’endroits comme Tulle, Oradour ou Maillé les résistants ou/et les populations civiles prises en otage et victimes de représailles ont souvent payé un lourd tribut au retard imposé aux troupes allemandes.
Et quelle que soit leur importance, ces actions ont toutes concouru à la victoire.
À Périers, sous l’impulsion de Roger Marie (alias Persil), un premier groupe se forme dès septembre 1942. On y retrouve d’abord le nom de Paul Hervieu puis ceux de Jean Quarante et de son épouse.
Bientôt le groupe se structure et entre dans la clandestinité au sein du réseau OCM Centurie. L’Organisation Civile et militaire est alors le principal mouvement de résistance dans le département de la Manche, organisé autour de Jacques Bertin de la Hautière un militaire ex pilote de l’aéronavale et chef du secteur de la Manche
En dehors de quelques courriers d’intimidation envoyés aux « collabos » locaux , la mission principale du réseau est la recherche d’informations. Chaque groupe dispose donc d’un service « Renseignement » mais aussi d’un service « Action » en charge des sabotages à venir.
Pour le secteur de Coutances, son représentant est le capitaine Jean Lenoir (alias Maresq) qui habite une grande maison à la Pallière sur la commune de Geffosses. Il dispose également d’un service « Action » à Agon et d’un autre service « Renseignement » à Saint-Malo-de-la-Lande. Il a pour adjoint, Édouard Quétier, notaire à Blainville-sur-Mer et lui-même chef du service « Action » de Saint-Malo-de-la-Lande.
À Périers, Lenoir a sous ses ordres Paul Hervieu (alias Myosotis) en charge du service « Action ». Ce dernier est secondé par Henri Clément, un ancien adjudant-chef qui le remplacera au service « Action » quand Paul Hervieu prendra la responsabilité du recrutement pour le groupe.
Roger Marie, quant à lui, est à la tête du service « Renseignement » de Périers dans laquelle on retrouve plusieurs agents de liaison. Son chef de secteur pour le renseignement s’appelle Gaston Picot (alias Celo) de Rauville-la-Place.
De 1942 à juin 1944, le réseau s’organise et s’étend au gré des nouveaux recrutements, récolte des informations sur la présence ennemie et cache des réfractaires au Service du Travail Obligatoire en leur fournissant même de faux papiers d’identité. Il semble qu’il y ait eu à cette époque un peu de tirage entre les deux voies hiérarchiques existantes (celle de Lenoir et celle de Picot) à la suite de l’envoi d’instructions divergentes qui provoqueront parfois des hésitations dans le groupe.
Quelques jours avant le débarquement, le groupe de Périers est mis en pré-alerte et reste dans l’attente des messages codés qui vont signifier son passage à l’action.
Les deux messages espérés « Il fait chaud à Suez » et « Les dés sont sur le tapis » sont entendus à la radio le matin du 5 juin. Ils signifient la mise en œuvre des sabotages pour la nuit suivante et on sort de leurs cachettes les armes et le matériel qui avaient été livrées quelques jours auparavant.
En effet, en prévision des actions à venir 6 tonnes d’armes et d’explosifs ont été livrées dans l’Orne[?] début mai 1944, une partie est prévue d’être mise à disposition des groupes de la Manche et celui de Périers est en charge de la réception et de la redistribution.
Le 18 mai 1944, jeudi de l’ascension, précédé d’une voiture[2] où ont pris place le lieutenant de gendarmerie[3] Giudicelli pour amadouer les éventuels barrages allemands et le gendarme Voisin, un camion bâché avec à son bord un chauffeur et deux gardes du corps, et une cargaison de containers d’armes et de munitions camouflés sous un peu de paille arrive à la briquèterie[4] de Saint-Martin-d’Aubigny, près de Périers. Elle appartient à un sympathisant du groupe, Georges Texier, qui veut bien aider la cause mais ne souhaite pas entrer officiellement dans la résistance[5]. Pourtant, Victor Legigan (son employé), sa famille et lui vont risquer leur vie en gardant la briquèterie jour et nuit tout le temps que le matériel va y rester caché sous un tas de fagots. Pour certains novices, la maîtrise des armes n’est pas encore assurée et le jeune Roger Legigan sera manqué de peu par une balle perdue partie d’une mitraillette.[6]
Lucien Renoult (alias Lallemand), chef du secteur « Action » du Nord-Cotentin, Gaston Picot (alias Celo) et Roger Marie réceptionnent le convoi et en déchargent le contenu.
Dès le lendemain, à la briquèterie de Saint-Martin-d’Aubigny on fait l’inventaire du matériel récupéré dans l’Orne. Il comprend deux lance-roquettes (genre bazooka américain ou PIAT anglais) et des mines anti char, huit mitraillettes Sten tirant 350 coups/minute, huit lance-grenades, huit fusils mitrailleurs Bren tirant 700 coups/minute, trente grenades à main, un lot suffisant d’explosifs, des crève-pneus et accessoires divers. En revanche pas de pistolets ni de fusils ni de mousquetons.
Le 20 mai, les chefs des groupes « Action » du Nord-Est Cotentin et de l’agglomération cherbourgeoise se réunissent au château de Garnetot à Rauville-la-Place, pour étudier la répartition du stock d’armes et de munitions entre les groupes.
Le container de la Lande Pourrie V.Peaucelle
Le stock est très insuffisant pour approvisionner tout le département et naturellement la répartition des lots pour chaque groupe est difficile et dure deux jours. La distribution elle nécessitera 10 jours.
La présence du stock d’armes et de munitions génère beaucoup de mouvements qui faute d’être discrets pourraient rapidement devenir suspects aux yeux des Allemands. Il faut donc changer de planque[7].
Le lot du groupe de Périers, pris en charge par Henri Clément, est transporté, recouvert de paille, dans une vachère, par Albert Rihouet. Celui-ci en cache une partie sur sa propriété de la Lande Pourrie, sur la route de Valognes, dans une tranchée couverte et dans un plant de pommiers. Roger Marie stocke également une partie du matériel dans sa ferme de la Duloque. Henri Clément, lui, se charge d’un bazooka, de mines anti-char et de plastic alors que les grenades sont conservées chez Roger Delaroque, contrôleur des contributions indirectes.
À cause de la présence trop proche des Allemands, une partie de ce matériel est ensuite transférée quelques jours plus tard chez André Deméautis, menuisier à Vaudrimesnil.
Entre temps, plusieurs membres du groupe se sont entraînés au maniement des armes et à l’emploi des explosifs.
Dans la nuit du 5 au 6 juin, il faut maintenant passer à l’action. Les ordres pour les sabotages sont simples : coupure des communications, c’est-à-dire les câbles téléphoniques et la voie ferrée Cherbourg-Coutances pour laquelle, en accord avec le chef de la gare de Coutances, le capitaine Lenoir a donné à Henri Clément des instructions sur les emplacements spécifiques des destructions. Mais cette nuit-là, il semble qu’il ait eu des désistements chez quelques membres du service « Action », qui confrontés à la réalité ont été remplacés dans l’urgence par d’autres membres du service « Renseignement ».
De leur côté, les frères Deméautis (Adolphe et André) coupent le câble téléphonique qui relie la Kommandantur de Périers à l’état-major allemand installé dans le château de Saint-Aubin du Perron.
Roger Mougin (responsable local de la société d’électricité du Cotentin) sabote l’appareillage de la sous station électrique de Périers. Pendant ce temps, sur la route Périers/Saint-Lô en haut de la côte de Manne, à 500 mètres après la route de Marchésieux, Roger Marie, Paul Hervieu et Jean Quarante vont saboter la ligne téléphonique souterraine qui relie le quartier général allemand de Saint-Lô à l’île de Jersey, ainsi que la ligne à haute tension qui suit la route. Puis, presqu’au petit matin, à la limite de Périers et de Vaudrimesnil, au lieu-dit La Grise-Brèche, derrière l’orphelinat, la voie ferrée est coupée par plasticage, avec à nouveau l’aide de Paul Hervieu.
Conscient des possibles représailles allemandes sur la population prisiaise à la suite des attentats, Roger Marie en informe François Le Conte, le maire de Périers. Effectivement, dès le lendemain la Gestapo ouvre une enquête. Mais fort heureusement, le sabotage de la voie ferrée est mis sur le dos de parachutistes américains. Conséquence directe, 200 soldats allemands vont désormais assurer la surveillance de la voie ferrée, 200 qui ne seront pas disponibles pour affronter les soldats américains qui viennent de débarquer. Le but est atteint…
Le lendemain Périers est bombardé pour la première fois.
Ci-dessous la liste des résistants de Périers, en état de la recherche au 05.04.2025. Elle s’appuie sur les quelques documents disponibles mais elle n’est ni complète ni garantie avec certitude :
1) Service « Renseignement »
| – Chef du service : MARIE Roger – Grainetier |
| – ABRAHAM Roger – Secrétaire de mairie |
| – LECOLLEY ? |
| – LEDRANS André – Conducteur de travaux |
| – MOUGIN Roger |
| – QUARANTE Jean – Vétérinaire |
| – RIHOUET Albert – Éleveur |
2) Service « Action »
| – Responsable : HERVIEU Paul – Assureur |
| – Chef du service : CLEMENT Henri |
| – DEMEAUTIS Adolphe – Meunier |
| – DEMEAUTIS André |
| – JAILLANDY Raoul |
| – COUSIN Léonord – Cultivateur |
| – DELAROQUE Roger – Contrôleur des impôts |
3) Membres sans affectation connue :
| – ANDRE Henri |
| – ANSQUER Corentin |
| – BAILHACHE Ferdinand – Cultivateur |
| – BAILHACHE Louis – Cultivateur |
| – BESNARD ? – Médecin tué le 8 juin 1944 |
| – CACHET Marcel – Directeur du CES |
| – CHARPENTIER Victor |
| – CORNIER Paul – Médecin tué le 6 juin 1944 |
| – COUSIN Emmanuel |
| – DUPONT Auguste |
| – FLAHAUX Roger |
| – FOUQUET Albert |
| – HOUTTEVILLE Albert |
| – LEDRANS Roger |
| – LEDUC André |
| – LEVAVASSEUR Raymond – Pharmacien |
| – LHOSTE André |
| – MARIE Pierre |
| – MOTIN René – Industriel |
| – PAQUET Albert – Instituteur |
| – ROBIOLLE Louis – Électricien (Déporté) |
| – TEXIER Georges – Briquetier |
Quelques biographies concernant les membres de la liste :
Abraham Roger (alias Dahlia), secrétaire à la mairie de Périers.
D’abord seul pour « rendre service » avec son propre matériel de faussaire, puis comme agent de renseignements au sein du réseau Centurie en liaison avec l’imprimeur Garlan, il fabrique de faux papiers d’identité au profit notamment des réfractaires du STO. Transmis à la préfecture par l’intermédiaire d’Henri Clément pour signature, ils sont remis aux intéressés par la gendarmerie. Madame Pagani, suisse alémanique travaillant comme interprète à la Kommandantur de Périers, l’informera de l’arrivée prochaine de la Gestapo de Saint-Lô, lui laissant le temps de s’enfuir[1].
[1] Témoignage de son fils Denis Abraham
Cousin Léonord, cultivateur originaire de Périers.
Il est recruté par Albert Rihouet et renseigne Henri Clément ainsi que les gendarmes sur les mouvements (arrivées et départs pour le front russe) et sur l’état du moral des troupes allemandes. Il cache également des réfractaires au STO et participe le 21 ou le 24 mai 1944 au transport des armes entre Périers et Vaudrimesnil avec Albert Rihouet et Bucaille. Il suit les formations au maniement des armes et à l’emploi des explosifs.
Deméautis Adolphe, meunier à Vaudrimesnil.
Son activité professionnelle lui permet de récupérer des informations sur les mouvements de troupe allemands. Avec son frère André, également membre de l’OCM, il suit quelques jours avant le débarquement des formations de maniement des armes. Le 6 juin tous les deux coupent le câble téléphonique qui relie la Kommandantur de Périers à l’état-major allemand installé dans le château de Saint-Aubin-du-Perron.
Deméautis André, menuisier-charpentier à Vaudrimesnil
Il adhère d’abord au mouvement de résistance Libé-Nord qui fait partie de l’Organisation Civile et Militaire avant de rejoindre cette dernière sous le matricule 919 attribué par Roger Mougin (alias Pipet) du service « Renseignements ». Excellent mitrailleur c’est à lui qu’est attribué le fusil-mitrailleur récupéré par le groupe en mai 1944.
Hervieu Paul (alias Myosotis), assureur à Périers.
Dès juin 1940, il entre en résistance en distribuant des copies des discours de De Gaulle, des nouvelles de la radio de Londres, des tracts et des journaux clandestins.
Recruté en décembre 1942 par Roger Marie, il devient le responsable du service « Action » du réseau Centurie à Périers. Il prend également à sa charge le recrutement des agents dont le nombre atteindra 45 personnes dont 3 femmes. Leur rôle principal est la collecte de renseignements transmis aux alliés : cantonnements, dépôts de munitions et de matériel, mouvements des troupes, objectifs militaires et points fortifiés ennemis et indication des terrains propices à des parachutages de matériel et d’armes. Sans oublier les avertissements envoyés aux collaborateurs et trafiquants. Établissement de fausses pièces d’identité pour les requis, réfractaires au STO, prisonniers évadés ou venant en permission et placement partiel de ces hommes dans les fermes (plus de 500 auront ainsi échappé aux bagnes allemands). Il participe aux actions de sabotage effectuées dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.
Ledrans André(alias Platon), conducteur de travaux à l’entreprise SACER.
Il n’appartient pas au réseau Centurie mais entre octobre 1942 et septembre 1944 il sert comme agent de renseignement au sein du réseau Franco-belge Delbo-Phénix des Forces Françaises Combattantes.
Marie Pierre :
Originaire de Saint-Lô-d’Ourville, il fait partie du réseau centurie de Périers de mars 1943 jusqu’à la libération. L’assistance à 12 aviateurs alliés parachutés dans sa région pour leur faire rejoindre les lignes américaines ainsi que coupure des transmissions allemandes par la destruction d’un pont lui valent l’attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze.
Marie Roger(alias Persil), grainetier à Périers.
Dès septembre 1942, avec Paul Hervieu et le couple Quarante, il est l’un des fondateurs de la résistance à Périers au sein du réseau OCM Centurie. Bien que responsable du groupe « Renseignement » il participe à la réception, à la cache et à la distribution des armes et des munitions qui seront utilisées pour les sabotages auxquels il prendra part pendant la nuit du 5 au 6 juin 1944.
Mougin Roger (alias Papet), chef de zone de la Société d’électricité du Cotentin.
Après avoir rejoint l’OCM de l’arrondissement de Coutances en janvier 1943, en plus de ses recherches de renseignements, il sera un des principaux agents de sabotage des installations électriques au service de l’occupant.
Quarante Jean (alias Osmond), vétérinaire à Périers.
Agent du réseau Centurie de Périers du 1er septembre 1942 au 30 septembre 1944. Bien que membre du service « renseignement », à la suite de défections au sein du service « Action », il prend part avec Roger Marie et Paul Hervieu aux actions de sabotage (coupure des câbles souterrains le long de la route Périers-Saint Lô) ordonnées dès le 5 juin après la réception des messages codés.
Rihouet Albert (alias Meslin), éleveur à Périers.
Ancien combattant de la guerre 14-18 (5 citations-Croix de guerre-Médaille Militaire). Recruté en février 1943, en mai 1944 il va faire transporter par son valet de ferme nommé Bucaille une partie des armes stockées chez Georges Texier à la briquèterie de Saint Martin d’Aubigny vers le domicile de Roger Marie à Périers. Il va lui-même en cacher une partie dans un conteneur enterré dans sa propriété route de Valognes, avant de les faire transporter chez Adolphe Deméautis à Vaudrimesnil. Sans que la date du rendez-vous ne soit connue, il va recevoir dans sa propriété de la Lande Pourrie à Périers les chefs des différents groupes de résistance.
Obligé de quitter sa maison le 15 juillet, il se replie chez le capitaine Lenoir dans la région de Geffosses où il apprend que ce dernier vient d’être arrêté par les Allemands. Le 21juillet il va, sous les ordres d’Edouard Georges Quetier, notaire à Blainville-sur-Mer et chef du service « Action » du canton de Saint-Malo-de-la-Lande, transporter dans sa charrette à cheval entre Coutainville (où Lenoir s’est caché dans une villa amie) et Geffosses le long de la route occupée par les Allemands le capitaine Jean Lenoir (chef du réseau Centurie pour la région de Coutances fait prisonnier par les Allemands le 13 ou 14 juillet et évadé du camp de la Chapelle sur Vire le 17 juillet) et le parachutiste américain Joseph Deziel.
Les deux hommes, ainsi que le lieutenant américain Reddy, rejoindront les lignes américaines à Saint-Germain-sur-Ay en traversant le havre de Lessay, dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944
Robiolle Louis :
Né le 12 février 1925 à Périers, après une formation d’électricien, le 2 juillet 1942 il entre comme apprenti mécanicien dans le garage Peugeot local. Pour des raisons inconnues, début 1943 il est arrêté par les Allemands à Coutances puis interné au fort de Romainville avant d’être déporté vers le camp de concentration de Treblinka puis vers le camp de travail de Dantzig. En septembre 1943, il profite d’un sabotage de la centrale électrique pour s’évader et rejoindre (après un passage dans sa famille à Saint-Gein dans les Landes) le groupe FFI Philippeau basé en Dordogne sous les ordres du commandant Druille. En février 1944 il intègre le groupe FFI Libération Dordogne sud puis celui de Bordeaux où il restera jusqu’en octobre 1944.
Georges Texier, propriétaire de la briquèterie de Saint-Martin-d’Aubigny
Sympathisant de la cause, il est d’accord pour aider la résistance sans vouloir vraiment en faire partie, il va y cacher pendant 15 jours 3 tonnes d’armes, d’explosifs et de munitions destinés à être distribués aux différents groupes de résistants de la Manche.
André Robiolle :
Fils de Louis Robiolle, boulanger rue de Carentan, André Robiolle est né à Périers le 3 novembre 1923. Second d’une fratrie de 6, à 19 ans il s’engage dans la marine et il est affecté à Toulon. En aout 1943, avec 5 copains, il décide de rejoindre l’Angleterre et les Forces Françaises Libres de De Gaulle via l’Espagne. Mais il est capturé par les Allemands le 31 août 1943 alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole dans les environs d’Hendaye. Il est d’abord interné au fort du Hâ de Bordeaux avant d’être transféré au Frontstalag 122 de Royallieu à Compiègne dans l’Oise, un camp de transit où il reste 3 mois. Avec 3 autres Manchois, il fait ensuite partie du convoi ferroviaire qui le 14 décembre 1943 au départ de Compiègne transporte 934 détenus en direction du camp de concentration de Buchenwald. Sous le matricule 38230, le 14 janvier 1944 il est transféré vers le camp de Dora – Nordhausen, une annexe du camp de concentration de Buchenwald, pour travailler dans une usine souterraine d’armement spécialisée dans la fabrication des missiles V1 et V2 où il meurt le 10 mars 1944 des suites d’une broncho pneumonie à l’âge de 20 ans et 4 mois.
En avril 1946, ses cendres sont remises à sa famille avant d’être enterrées dans le caveau familial du cimetière de Périers. Lors de la reconstruction de l’église de Périers, après la guerre, ses parents ont offert deux vitraux en son souvenir.
Il est décoré à titre posthume de la Croix de guerre avec palme et de la médaille de la Résistance.
René Guégan :
Fils d’un chiffonnier de la route de Coutances, membre d’un groupe de résistants du bataillon Guy Moquet, il trouve la mort dans l’après-midi du 10 mai 1944 à l’occasion d’un échange de coups de feu avec des Feldgendarmes allemands au lieu-dit Lansalaun à Paule (Côte du Nord). D’abord inhumé à Paule, son corps est transféré le 3 novembre 1944 dans le caveau familial du cimetière de Périers.
Jacques Lemarinel :
Jacques Lemarinel est né le 5 juin 1923 à Périers (Manche) où son père est employé des chemins de fer. Le 18 juin 1940, le jour même de l’appel du général de Gaulle, il gagne l ‘Angleterre, via Guernesey, à bord d’un bateau de pêche parti de Goury.
À 17 ans, il veut continuer la lutte mais il ne peut pas s’engager dans les Forces Françaises Libres à cause de son âge. Il passe donc par une école de préparation militaire à Brynbach puis à Rake-Manor avant d’intégrer, début 1943, l’école des Cadets de la France Libre à Ribbesford.
Nommé aspirant le 1er juin 1943 dans la promotion « Fezzan-Tunisie », il rejoint l’Afrique du Nord à la mi-septembre et est affecté au Bataillon de Marche n° 24 (BM 24) de la 1ère Division Mécanisée d’Infanterie (1ère DMI), nouvelle appellation de la 1ère Division Française Libre (1ère DFL).
Il prend le commandement d’une section de tirailleurs sénégalais de la 2ème Compagnie du BM 24 et débarque en Italie en avril 1944.
Le 18 juin 1944, sa compagnie attaque le village de Fonte Vitriana, au sud de Sienne. Resté en arrière pour porter secours à un camarade blessé, il s’écroule, mortellement blessé, d’une balle en plein cœur.
Jacques Lemarinel est enterré au cimetière Saint-Martin à Octeville. Par décret du 31 mars 1955 il a été promu au grade de sous-lieutenant pour prendre rang au 1er juin 1944.
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Sources :
- Archives départementales de la Manche
- Familles Abraham, Cousin, Deméautis, Hervieu, Marie, Robiolle, Texier
- Itinéraires de Mémoire (Espace Hamilton-Levaufre)
- − Périers et sa région dans la tourmente
- Mairie de Saint-Martin-d’Aubigny
Bibliographie :
- Marcel Leclerc, la Résistance dans la Manche.
- André Debon et Louis Pinson, la Résistance du Bocage.